Rafael Nadal est toujours le patron de l'ocre et Andy Murray, homme fort bis de la saison, n'a pas échappé à la sanction. Jusqu'à 6-2, 5-2, il a d'ailleurs démontré que son jeu de contre n'était pas assez perforant. Si sur surfaces rapides, il peut tenir en fond de court, il était incapable de le faire sur terre battue. Englué par son style dans une dans une filière longue, il ne peut de toute manière pas, du jour au lendemain, devenir un attaquant et se trouver un jeu de jambes de terrien. Mais il a du panache. Sur le point d'être broyé et donc rayé de la - courte - liste des rivaux, il a trouvé des raisons d'espérer. D'abord par la faute de Nadal, qui en servant pour le match à 5-3 a été pris par un coup de stress.
Sauvant une balle de match sur une amortie, Murray est en effet enfin rentré dans le court tout en s'arrachant en défense, prouvant que son jeu de contre, tourné vers l'offensive, peut payer. Mais c'est un jeu sur le fil, où il doit parcourir les quatre coins du court, asséner des coups gagnants le long des lignes tout en espérant que Nadal rate. Une tactique qui ne peut tenir que quelques jeux... En face, la marge est trop grande. Quand les grandes claques liftées en coup droit sont de retour, que le revers se met à trouver des angles venus d'ailleurs et que l'Espagnol refuse de décrocher de plus d'un mètre de sa ligne, les espoirs adverses sont terminés. Ceux de Murray n'ont pas fait exception au terme d'un jeu décisif de très haut niveau, qui lui permet de rester ambitieux pour Roland-Garros. Mais dans un match en trois sets gagnants, il ne pourra pas accepter de visiter les quatre coins du court sans finir par lâcher prise. Comme il est loin d'être certain que Nadal, la prochaine fois, le laisse revenir dans le match.
Le prochain à passer l'examen Nadal aura peut-être d'autres armes à faire valoir. Novak Djokovic a tout de même disputé deux demi-finales à Roland-Garros et remporté Rome l'an dernier. Sa crédibilité sur terre battue est plus grande que celle de Murray. Oui, mais il est mené 11-4 dans ses débats avec Nadal et ne l'a jamais battu sur terre. Mais on se souvient d'un set chapardé à Hambourg et d'un bon match sur la fin à Roland-Garros. Certes. Mais le Djokovic 2008 donnait plus de garanties que celui 2009. Il reste que le Serbe tient là une occasion comme il les aime. Il peut faire tomber le maître, reprendre la main par rapport à Murray et revenir encore sur Federer. De quoi lui faire oublier son match vécu sous tension contre Wawrinka pour se souvenir de la belle impression laissée en quarts contre Verdasco. Car samedi, il a mis un set à juste calmer ses nerfs et deux autres à serrer les dents et compter les fautes adverses. Plus expérimenté et encore un peu plus solide mentalement que le talentueux Wawrinka, il a fini par s'en sortir malgré une balle de 3-0 contre lui dans la dernière manche et peut remercier les 58 fautes adverses. La donne du stress devrait changer dans une finale où il sera clairement l'outsider. De toute manière, il n'y aura qu'un exploit pour empêcher Nadal d'entrer dans l'histoire en décrochant cinq titres consécutifs dans le même Masters 1000.
