Nadal : "J'ai assumé sans faiblir durant 3 ans mon rang de n° 2"

Nadal : "J'ai assumé sans faiblir durant 3 ans mon rang de n° 2"
Rafael Nadal est prêt à mettre un terme au mandat de Roger Federer qui remonte à 2004
TORONTO "Franchement, numéro un ou deux, ça ne fait pas une grosse différence" , tente de se convaincre Rafael Nadal.

Trois semaines après sa marche triomphale sur Londres, le Majorquin de 22 ans à peine a étoffé sa vitrine personnelle d'un douzième succès en Masters Series ce qui le place en troisième position de ce classement particulier. Il reste à 5 longueurs seulement d'Andre Agassi et à 2 de Roger Federer. En revanche, il a dépassé Pete Sampras (11).

En neuf semaines, l'Espagnole a remporté cinq tournois sur trois surfaces différentes dont Roland-Garros et Wimbledon. Excusez du peu.

Rafael Nadal n'a plus connu la défaite depuis 29 rencontres. À l'époque, le colosse de Manacor, souffrant d'ampoules, avait subi la loi de Juan Carlos Ferrero à Rome.

Ces derniers mois, un à un, Rafa a écoeuré la concurrence tantôt sur ses terres rouges, tantôt dans le jardin de ses rivaux. Que ce soit mentalement ou physiquement, il semble pour le moment intouchable.
L'éternel dauphin de Roger Federer, conscient de son état de grâce, est prêt à prendre du galon.

"Ça fait trois ans que j'assume sans faiblir mon statut de numéro deux, précise Rafael Nadal. Maintenant, je suis prêt à assumer une première place. Franchement, je ne sais pas les résultats que je dois réaliser pour devenir numéro un mondiale. Non seulement ça dépend des performances de Roger Federer, mais en plus le classement est compliqué avec les points qui ne sont pas enlevés tout de suite. À cause de l'année olympique, il existe un décalage de deux semaines dans le calendrier par rapport à la saison 2007." Engagé comme Federer au Masters Series de Cincinnati, Nadal a l'occasion de mettre fin au règne du Suisse qui domine le circuit depuis le 2 février 2004. Si le gaucher atteint le dernier carré, il écrirait un nouveau chapitre de l'histoire de l'ATP. Battu au 2e tour l'année dernière, Nadal a peu de points à défendre dans l'Ohio, au contraire du Suisse, tenant du titre. En cette période estivale, le temps n'est donc pas au farniente pour le quadruple lauréat à Roland-Garros.

"Depuis plusieurs semaines, je n'ai le temps pour rien , poursuit-il. Aujourd'hui (lisez : hier), je prends l'avion pour Cincinatti. J'essaie de m'entraîner un peu. Et mercredi, je joue mon premier match."
Une succession de matches qui n'inquiète pas Toni Nadal : "Pour l'instant, il a pris l'habitude de bien enchaîner les tournois" , se réjouit son oncle qui est "surpris que tout le monde ne parle que de son physique et de son mental" à l'heure de faire l'éloge du Fenomeno . "Il a aussi une technique remarquable. Il n'a peut-être pas le toucher d'un Richard Gasquet, mais il progresse tous les jours."
Personne n'oserait le contredire...


Classement ATP et ATP Race

# Posté le mardi 29 juillet 2008 14:43

Modifié le mardi 05 août 2008 10:34

"Mon but n'est pas d'être n°1"

"Mon but n'est pas d'être n°1"
Il s'est approché à grands coups de raquette de la première place mondiale, mais il ne se prend pas la tête... Rafael Nadal (ATP 2) était déjà tout heureux de la perspective d'atteindre pour la première fois de sa carrière les demi-finales du tournoi Masters Series de Toronto, doté de 2.615.000 dollars.

"Je garde de grands souvenirs du Canada vu que c'est à Montréal (NdlR: en 2005) que j'ai remporté mon premier tournoi sur surface dure", confia l'Espagnol, qui affrontait Richard Gasquet (ATP 12), vendredi soir, en quarts de finale. "À Toronto, toutefois, je n'ai encore jamais été très loin. Il faudra que je travaille mes balles de break, car j'ai eu un petit peu peur dans le deuxième set après avoir vu ce qui est arrivé à Roger", a-t-il ajouté, en guise de bémol à sa joie du jour. "Il aurait pu gagner en deux sets et dans le troisième, il a eu un peu de poisse, mais Simon a très bien joué."

Le gaucher de Manacor, 22 ans, est en tout cas le joueur le plus hot du circuit ATP à l'heure actuelle. Déjà lauréat de six tournois cette saison, dont Roland-Garros et Wimbledon, il pouvait décrocher la nuit dernière sa 27e victoire d'affilée, sa dernière défaite remontant à une élimination au deuxième tour à Rome, début mai, contre son compatriote Juan Carlos Ferrero dans un match où il avait souffert de multiples ampoules...

"Je ne ressens pas de pression supplémentaire depuis que j'ai gagné Wimbledon. Au contraire, j'ai l'impression d'en avoir moins. Si je perds aujourd'hui, si je perds à l'US Open, ma saison restera excellente. J'ai déjà gagné deux levées du Grand Chelem, deux tournois Masters Series... C'est plutôt pas mal, non ?"

Suite à la surprenante défaite de Roger Federer contre le Français Gilles Simon, mercredi, Rafael Nadal est également pour ainsi dire assuré de devenir le nouveau numéro un du circuit. Dauphin du Suisse depuis le 25 juillet 2005, le Majorquin lui ravira normalement sa couronne au plus tard le lundi 18 août, au lendemain du tournoi olympique à Pékin. Pourtant, il n'y pense pas.

"Mon but n'est pas d'être numéro un, ni de gagner l'US Open, sourit-il Mon objectif est juste de continuer à jouer comme ces quatre derniers mois. C'est vrai que l'écart de points est plus mince que jamais, mais il faut se battre tous les jours. Le niveau est incroyablement élevé et il est vraiment dur d'être à 100 % tout le temps. Ce n'est pas moi qui poursuis Roger ou Roger qui doit me poursuivre. Nous faisons tous deux le maximum."

Il n'empêche que s'il continue ainsi, il aura toutes ses chances...

[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 29 juillet 2008 14:31

Modifié le mercredi 27 août 2008 16:34

La face cachée d'un enfant de la balle

La face cachée d'un enfant de la balle
Dans la famille Nadal, le sport, c'est sacré. Miguel Angel, l'un des oncles du champion, fut, dans les années nonante, le défenseur titulaire du FC Barcelone et de l'équipe nationale espagnole. Rafael est, d'ailleurs, un grand passionné de football. Il y a une dizaine de jours, en plein Wimbledon, il avait envisagé de faire un aller-retour à Vienne pour encourager la Seleccion lors de sa finale face à l'Allemagne. "Mais ce n'aurait pas été très professionnel", admet-il. Alors, en transe, il a suivi le match à la télé, avec ses potes et a laissé exploser sa joie au coup de sifflet final. Comme un gosse. "Mon premier réflexe a été d'envoyer un SMS à mon ami Iker Casillas !"

Car Rafa est un grand supporter du... Real Madrid. Et tant pis si ça dérange un peu dans la famille où l'on est plutôt tendance Barça ! Dimanche soir, après son triomphe face à Federer, le champion n'avait qu'une hâte : aller serrer la main de Ramon Calderon, le président du Real, présent dans les tribunes du All England Club, et lui demander les dernières nouvelles du transfert de Cristiano Ronaldo !

Rafael Nadal aurait fort bien pu choisir le foot plutôt que le tennis. C'est un autre de ses oncles, Toni, professeur dans le club de Manacor, qui l'incite à tenter sa chance côté court dès l'âge de quatre ans. Le gamin mord tout de suite, collectionne les victoires et interpelle déjà le passant. Droitier dans tous ses gestes quotidiens, il tient curieusement sa raquette de la main gauche. Toujours cet esprit de contradiction !

Fût-il enfant de la balle, le jeune Majorquin n'a jamais été élevé pour devenir champion. Tout s'est fait naturellement. "Il a toujours été libre de ses choix. On l'a simplement éduqué pour qu'il ait toujours la tête sur les épaules", rappelle son père Sebastian. Toni Nadal a vite compris cependant que son jeune élève était un véritable phénomène. À 7 ans, il pulvérisait déjà des adversaires de cinq ans plus âgés. Mais plutôt que d'être adulé pour ses exploits, El nino se faisait volontiers chambrer par son encadrement. "Afin qu'il ne se prenne jamais au sérieux", précise son mentor.

À en croire les témoignages, Rafa était un enfant très naïf qui avait une propension à croire tout ce qu'on lui racontait. Les anecdotes ne manquent pas. Histoire de se mettre en valeur aux yeux de son élève, Toni Nadal avait de l'imagination à revendre. Avant un match d'Interclubs que Rafa craignait spécialement, il prétendit pouvoir faire tomber la pluie au cas où les choses ne se passeraient pas bien. "Ce ne sera pas nécessaire, je vais le battre", lança le Fenomeno après trois jeux, en scrutant le ciel qui s'assombrissait ! Lors d'un autre match avec l'équipe d'Espagne minimes face au Japon, Rafa semblait un peu apathique. Profitant d'un changement de côté, le capitaine lui glissa : "Sais-tu que les Japonais massacrent les dauphins ?" Son sang d'amoureux des animaux et de la mer ne fit qu'un tour et il remporta tous les jeux suivants !

Ainsi a grandi le nouveau champion de Wimbledon, entouré d'a-mour et d'affection. "J'ai toujours fait en sorte qu'il assume ses actes. Lors des qualifications du tournoi de Bercy, en 2003, certains s'étonnaient de le voir dévorer du pain au chocolat avant son match. Je leur répondis : "Ne lui dites rien. Il le mangera, il aura des crampes d'estomac et perdra son match. Et il ne fera plus la même erreur", se souvient Toni.

Au vrai, Rafa est toujours resté un grand enfant. De l'avis unanime, c'est l'un des joueurs les plus gentils du circuit. Le plus disponible. Le plus sympa. Rien à voir avec une star capricieuse. Cela ne l'empêche pas d'être ambitieux et de travailler toujours plus pour arriver toujours plus loin. C'est dans sa nature...


Classement ATP et ATP Race
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 29 juillet 2008 14:28

Modifié le mercredi 27 août 2008 16:56