Des raisons d'être déçu, Roger Federer n'en manque certes pas. En un après-midi, il a perdu son titre à Wimbledon face à son plus grand rival, mit fin à son incroyable série de 65 matches sans défaite sur gazon et, surtout, prit un solide coup sur la tête.
Bien sûr, Federer reste installé sur son trône de n°1 mondial (lire par ailleurs). Mais pour combien de temps ? Plus que jamais, il sent le souffle de Nadal dans son dos. Ce n'est toutefois pas dans la nature de l'artiste helvète - que Nadal, lui-même, désigne comme le plus grand joueur de l'histoire - d'abdiquer. Psychologiquement, ce revers londonien, dans son jardin préféré, est difficile à accepter. Mais c'est précisément dans les moments de grande difficulté que le vrai champion doit se surpasser.
Pour la première fois de sa carrière, Roger Federer est acculé dans les cordes. Pour la première fois, sa domination est réellement contestée. Jusqu'ici, son seul talent lui a permis de dicter sa loi avec une insolente facilité. Avec la menace Nadal - et celle latente de Djokovic -, ce n'est visiblement plus suffisant. À lui de réagir, d'élever encore son niveau de jeu, de se remettre en question.
En aura-t-il l'envie et la force ? C'est évidemment la question qui brûle les lèvres de tous les amoureux du tennis. "Je vais essayer de gagner les Jeux Olympiques et l'US Open", glissa-t-il en quittant la salle de presse de Wimbledon. C'est bon signe. Chacun sait que la défaite de Federer à Wimbledon, lors d'une des plus belles finales de l'histoire du tennis, n'a rien d'un désastre. Idéalement, elle devrait même titiller l'orgueil du numéro un mondial.
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